UKRAINE


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Littéralement terre des «confins», l’Ukraine formait, depuis le bas Moyen Âge et avant d’accéder elle-même au rang d’État en 1918 et à l’indépendance en 1991, les marches d’États voisins: province orientale du royaume de Pologne et de Lituanie à partir du XIVe siècle, khanat septentrional de l’Empire ottoman à partir du XVe siècle, elle fut progressivement conquise aux XVIIe et XVIIIe siècles par la Russie tsariste qui, toutefois, la partageait encore, à la veille de la Première Guerre mondiale avec l’Empire d’Autriche-Hongrie. Ainsi l’Ukraine ne constitua durablement la base d’un État indépendant qu’entre le IXe et le XIIIe siècle, c’est-à-dire avant que le royaume de Kiev, aujourd’hui encore considéré comme le berceau de l’État et du peuple russes, ne soit subjugué par l’invasion mongole.

Avant la révolution d’Octobre, la formation de la notion ukrainienne procédait ainsi non pas de la création d’un État national, mais de la cosaquerie, organisation sociale et politique sui generis, dont elle était l’une des terres d’élection depuis le XVIe siècle. Les Cosaques Zaporogues, littéralement «au-delà des rapides» du Dniepr, serfs en fuite, déserteurs ou autochtones, rassemblés dans les rangs de la setch sous l’autorité d’un ataman, chef de guerre élu par ses troupes pour la conduite des opérations militaires, et rendus à la pêche, à la chasse et à l’agriculture pendant les saisons froides ou les temps de paix, échappaient à l’autorité des États et des empires voisins; ils en formaient parfois le bras armé dans leurs entreprises coloniales ou la gestion de leurs affaires intérieures mais, le plus souvent, ils en contrecarraient les desseins: créée par le royaume de Pologne, l’armée des Cosaques Zaporogues s’illustre contre ses féaux dès le XVIe siècle et fait allégeance en 1654 aux tsars de Russie en vertu du traité de Pereïaslav signé par l’hetman Khmelnitski; elle fait alliance avec le khanat de Crimée contre le royaume de Pologne avant de combattre celui-ci au côté des armées du tsar; mais, ralliée au roi de Suède Charles XII à l’initiative de l’hetman Mazeppa, elle fut défaite par les forces de Pierre le Grand lors de la bataille de Poltava en 1709. Seul le régime soviétique vint à bout de la cosaquerie, mais il n’a pas effacé tout à fait les vestiges d’un passé qui resurgit depuis la proclamation de l’indépendance ukrainienne le 24 août 1991.

L’indépendance au prix de l’intégrité territoriale?

Dans ses frontières actuelles, l’État ukrainien indépendant est neuf et sans antécédent: la plupart de ses frontières ont été tracées par le régime soviétique et plus d’un cinquième de son territoire a été conquis par l’Union soviétique sur les États voisins d’Europe centrale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Seule la Russie, toutefois, peut désormais fonder ses prétentions territoriales sur la présence d’une importante communauté nationale en territoire ukrainien.

Les autorités polonaises ont officiellement renoncé, en vertu du traité bilatéral d’amitié et de bon voisinage du 16 octobre 1990, à la Galicie orientale, annexée par le royaume de Pologne dès le XIVe siècle, conquise par les bolcheviks en 1918 mais restituée à la république de Pologne à l’issue de la guerre qu’ils lui avaient déclarée en 1920, puis rattachée enfin à l’Ukraine après l’occupation de la Pologne par les forces soviétiques en 1939. Mais les dirigeants de la république de Roumanie revendiquent publiquement, depuis l’été de 1991, la rétrocession des territoires annexés par l’Union soviétique et attribués à l’Ukraine au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, c’est-à-dire la Bessarabie et la Bukovine du Nord. Le conflit armé provoqué sur la rive gauche du Dniestr – c’est-à-dire sur des terres soustraites en 1946 à la république soviétique d’Ukraine pour être attribuées à la république soviétique de Moldavie – par les velléités séparatistes des représentants de la communauté russophone incline les autorités et l’opinion publique moldaves en faveur du rattachement de la Moldavie à la Roumanie et conforte ainsi les autorités roumaines dans leurs revendications irrédentistes à l’encontre de l’Ukraine elle-même. Aussi les autorités ukrainiennes ont-elles refusé leur soutien aux forces séparatistes et rappelé, au printemps de 1992, tous les soldats ukrainiens qui servaient dans la 14e Armée stationnée sur la rive gauche du Dniestr. Alors même que le territoire de la république de Transnistrie appartenait à la république soviétique d’Ukraine jusqu’en 1946 et que les Ukrainiens y forment aujourd’hui encore plus du quart de la population, elles se sont gardées de toute revendication territoriale qui favoriserait la remise en cause de l’ensemble de ses frontières. Car, si le rapport de forces entre l’Ukraine et ses voisins garantit la pérennité du tracé de ses frontières occidentales, il n’est pas certain qu’il suffise à la stabilité de ses frontières orientale et maritime. Bien qu’ils aient officiellement reconnu l’intangibilité des frontières de l’Ukraine en vertu du traité bilatéral d’amitié et de coopération de décembre 1991, les dirigeants de la fédération de Russie contestent formellement l’appartenance à l’Ukraine de la péninsule de Crimée: le 21 mai 1992, le Parlement de Russie dénonçait l’aliénation territoriale consentie en faveur de l’Ukraine par le pouvoir soviétique en 1954 à l’occasion du tricentenaire du traité d’union de Pereïaslav entre les deux États. Une partie de la classe politique ne prétend-elle pas, en outre, que les marches orientales de l’Ukraine, c’est-à-dire les régions industrielles de Donetsk et de Kharkhov, reviennent de droit à la Russie?

Sans doute les prétentions territoriales actuelles et virtuelles de la fédération de Russie ne recueillent-elles encore l’assentiment que d’une très faible proportion de la communauté russe d’Ukraine, forte de onze millions et demi de membres, soit près du quart de la population: les Russes de Crimée, qui forment les deux tiers de la population de la péninsule, bien qu’une grande partie d’entre eux serve dans les forces armées, revendiquent dans leur majorité l’autonomie de la péninsule, mais non pas son rattachement à la fédération de Russie. Cependant, est-il douteux que l’aggravation inévitable de la crise économique et sociale qui affecte déjà les régions et les villes métallurgiques et minières de Donetsk, Kharkov ou Vorochilov en particulier, dont la population est constituée pour le tiers, les deux cinquièmes, voire plus de la moitié de Russes, ne les incline au séparatisme et n’exacerbe les antagonismes nationaux? Dans la définition même de sa politique économique et dans le cadre de la restructuration indispensable du tissu industriel, le gouvernement ukrainien est condamné à préserver les intérêts sociaux de la communauté russe des mineurs et des ouvriers métallurgistes, dont le mouvement de grève de 1989 à 1991 dans la région du Donbass atteste la capacité de mobilisation collective, et doit promouvoir ceux des paysans ukrainiens, qui peuplent en masse les plaines céréalières du centre du pays et ses marches orientales.

Or, face au développement des aspirations indépendantistes en péninsule de Crimée, la classe politique ukrainienne cède progressivement à la tentation du jacobinisme: au mois de janvier 1991, le gouvernement ukrainien avait consenti à l’autonomie de la Crimée et d’aucuns, tel Viatcheslav Tchornovil, candidat du mouvement national ukrainien, le Roukh, à l’élection présidentielle du 1er décembre 1991 (il obtint alors plus d’un tiers des suffrages exprimés contre 54 p. 100 à l’ancien premier secrétaire du Parti communiste d’Ukraine, Leonid Kravtchouk), préconisaient encore la fédéralisation de l’État ukrainien, sa transformation en une «union fédérale des provinces historiques selon le modèle de la république fédérale d’Allemagne» afin de préserver leurs caractères distinctifs. Ainsi, dans le cadre de l’élaboration de la Constitution, le principe unitaire de l’État n’est plus en cause.

La nécessaire reconversion de l’économie

L’Ukraine est un pays d’industrialisation ancienne: le charbon du bassin du Donbass est exploité depuis le début du XIXe siècle et les gisements de fer de Krivoï-Rog depuis 1870. À la veille de la Première Guerre mondiale, l’Ukraine assurait les trois quarts de la production de houille et les trois cinquièmes de la production d’acier de l’Empire tsariste.

La république soviétique d’Ukraine constituait l’une des plus importantes régions agricoles et industrielles de l’Union soviétique et l’une de ses principales voies d’accès aux mers libres: à la fin des années quatre-vingt, elle assurait plus du tiers de sa production céréalière, un quart de sa production de charbon, près de la moitié de sa production de minerai de fer, plus des deux cinquièmes de sa production de fonte, près d’un tiers de sa production d’acier et plus de la moitié du fret maritime. Mais son outil industriel, tout entier conçu en fonction du mode de production soviétique et de la division du travail interne à l’U.R.S.S., est mal adapté aux exigences des marchés extérieurs, et l’ouverture de l’économie ukrainienne au commerce international nécessite une restructuration dont l’ampleur est à la mesure de sa capacité de production (les mines du Donbass produisent plus de 200 millions de tonnes de charbon et l’industrie métallurgique plus de 50 millions de tonnes d’acier).

Le déficit énergétique de l’économie ukrainienne est particulièrement critique: l’Ukraine produit moins de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel et moins de 5 millions de tonnes de pétrole; elle en consomme respectivement 120 milliards de mètres cubes et 55 millions de tonnes; l’explosion de l’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986 a interrompu le développement du programme nucléaire civil et hypothèque le fonctionnement de l’ensemble d’une centrale qui assurait 10 p. 100 de la consommation d’électricité du pays.

L’Ukraine hérite en outre d’une gigantesque industrie militaire, qui assumait un tiers de la production d’armements de l’Union soviétique. Bien qu’elle dispose désormais à Nikolaevsk d’un des six principaux chantiers navals et à Dniepropetrovsk de la plus grande usine d’assemblage de fusées et de missiles stratégiques d’Union soviétique, elle n’est pas encore à même d’exporter les porte-avions nucléaires et les lanceurs dont elle ne fabrique qu’une partie des éléments.

L’Ukraine a hérité de l’essentiel de la façade maritime de l’Union soviétique en mer Noire, mais elle est encore dépourvue de certains attributs d’une puissance maritime. Ses installations portuaires drainent d’importants flux de marchandises, mais l’Ukraine assure essentiellement leur transit en provenance ou à destination de la Russie. Il en est ainsi du pétrole, raffiné en Ukraine, qui dispose d’une capacité de raffinage de près de 60 millions de tonnes par an, ou du gaz importés de Russie, du Kazakhstan et du Turkménistan puis exportés vers l’Europe à travers son territoire. Or l’Ukraine indépendante n’est pas même dotée des moyens nécessaires à la poursuite de ce transit, ne disposant, notamment, ni des terminaux ni de la flottille de pétroliers requis. La Russie s’emploie déjà, en revanche, à détourner vers ses propres installations portuaires, vers le port de Novorossisk en particulier, ses exportations de produits énergétiques et de marchandises.

Les attributs d’une puissance régionale

La république soviétique d’Ukraine abritait un dispositif militaire nucléaire et conventionnel considérable, conçu dans la perspective d’un affrontement entre les deux blocs militaires antagonistes en Europe, mais inadapté à la sécurité de l’Ukraine indépendante. Ses dirigeants se sont d’emblée employés à l’émanciper de l’hégémonie militaire de la république de Russie et à l’extraire de l’espace stratégique de la Communauté des États indépendants, en violation des accords d’Alma-Ata du 21 décembre 1991 auxquels ils ont souscrit. Ils proclamèrent la création d’une armée nationale dès la fin de l’année 1991, c’est-à-dire bien avant les dirigeants des autres États issus du démembrement de l’Union soviétique et, contestant l’autorité du commandement des forces stratégiques unifiées de la C.E.I. sur la flotte de la mer Noire, ils ont obtenu, en vertu d’un accord signé à Yalta le 3 août 1992, que le commandant en chef en soit conjointement désigné par les présidents des deux États concernés et placé sous leur autorité commune et que les effectifs en soient composés, à parts égales, de Russes et d’Ukrainiens. Les autorités ukrainiennes ont cependant rapidement renoncé à préserver au profit des forces armées nationales l’essentiel du dispositif militaire légué par l’Union soviétique comme elles en eurent d’abord l’ambition: les accords signés à Tachkent le 15 mai 1992 par les États membres de la C.E.I. sur le partage des plafonds imposés par le traité sur les forces conventionnelles en Europe autorisent l’Ukraine à conserver en parc plus de quatre mille chars de combat et pièces d’artillerie, plus de cinq mille véhicules blindés et plus de mille avions de combat et la placent en position de force relative face à la fédération de Russie, qui n’est autorisée en revanche à conserver que cinq mille chars de combat à l’ouest de l’Oural. Dès le mois de février, cependant, le président Leonid Kravtchouk déclarait que les effectifs des forces armées ukrainiennes n’excéderaient pas deux cent vingt mille hommes, soit deux fois moins que les effectifs requis par le Soviet suprême à la fin de l’année précédente. Sans doute la formation d’une armée nationale se heurte-t-elle à l’importance de la proportion d’officiers et d’appelés russes qui servent encore sur le territoire ukrainien – ils constituent environ la moitié des effectifs –, mais elle devrait être facilitée par l’importance numérique et l’excellence du corps des officiers ukrainiens, qui formaient un tiers des cadres de l’armée soviétique et dont, en 1993, un tiers seulement servent en Ukraine.

L’Ukraine indépendante hérite d’une façade maritime qui lui confère une position potentiellement dominante en mer Noire et lui donne accès à la mer Méditerranée. Car le partage de la flotte de la mer Noire n’est pas l’enjeu véritable du conflit qui l’oppose à la Russie en république de Crimée: il ne s’agissait déjà plus, à la fin des années quatre-vingt, que d’une flottille de quelque cent bâtiments de surface et d’une trentaine de sous-marins hors d’âge, exclusivement conçue pour la défense des eaux territoriales de l’Union soviétique et dépourvue de toute mission stratégique. C’est en fait le contrôle de la mer Noire qui oppose les deux États, car la péninsule de Crimée ferme la mer d’Azov et son appartenance à l’Ukraine ne laisse à la Russie qu’un littoral long de 350 kilomètres, un seul grand port marchand, celui de Novorossisk, et la prive d’arsenal maritime.

L’Ukraine a hérité d’une part importante de l’arsenal nucléaire tactique et stratégique de l’Union soviétique et revendique le statut de puissance nucléaire que lui conteste la Russie et l’ensemble de la communauté internationale. Lors du démembrement de l’Union soviétique, plus de mille têtes nucléaires stratégiques et quelques milliers d’armes nucléaires tactiques étaient déployées sur le territoire ukrainien. Dans le texte de la déclaration de souveraineté datée du 16 juillet 1990, les autorités ukrainiennes se déclaraient résolues à débarrasser leur pays de toute arme nucléaire. Elles craignaient alors que, impliquée par le pouvoir central dans un conflit international, l’Ukraine ne soit la cible privilégiée des armes nucléaires de l’adversaire en raison de l’importance de cet arsenal. À l’issue du démembrement de l’Union soviétique, le président Leonid Kravtchouk s’en tenait encore à cette position et s’engageait formellement au désarmement nucléaire tactique et stratégique, en vertu des accords d’Alma-Ata signés le 21 décembre 1991. Conformément à leurs dispositions, toute les armes nucléaires tactiques déployées en territoire ukrainien auraient été transférées en Russie avant le 1er juillet 1992 pour y être détruites, et l’arsenal stratégique devrait être démantelé avant 1994. Cependant, les accords d’Alma-Ata, signés de concert par les présidents des républiques de Biélorussie et du Kazakhstan, accordaient à la fédération de Russie le monopole de l’arme nucléaire. Aussi les autorités ukrainiennes s’emploient-elles depuis lors à en différer, voire à en contrarier la mise en œuvre et, déniant à la Russie le contrôle de l’arsenal nucléaire déployé en territoire ukrainien, elles tentent de négocier sa dénucléarisation contre une reconnaissance internationale et des garanties multilatérales de sécurité. C’est désormais en vertu de traités internationaux et non seulement de concessions à l’hégémonie stratégique de la Russie au sein de la Communauté des États indépendants, c’est-à-dire conformément aux dispositions du traité de non-prolifération et du traité S.T.A.R.T. signés successivement par le président Leonid Kravtchouk au mois de mai 1992, que l’Ukraine devrait poursuivre dans la voie du désarmement nucléaire, à la condition du moins que le Parlement ukrainien consente à les ratifier.

Les forces armées ukrainiennes ont été dotées d’un état-major chargé des forces stratégiques et les soldats qui les servent ont le loisir de prêter serment à l’Ukraine ou à la Russie, mais les autorités ukrainiennes ne disposent pas de la force de dissuasion, c’est-à-dire des moyens matériels, techniques et humains de mettre en œuvre l’arsenal stratégique déployé sur leur territoire et qui aurait déjà été désactivé selon le ministre de la Défense de Russie, le général Gratchev. N’escomptent-elles pas, toutefois, mettre à profit le délai de sept ans, au terme duquel, selon les dispositions du traité S.T.A.R.T., l’Ukraine doit être dénucléarisée, pour se doter de ces moyens? Elles disposent dans doute d’un potentiel industriel et militaire qui les incline à de telles ambitions.

Ukraine
état d'Europe orientale, sur la mer Noire, frontalier de la Biélorussie au N., de la Russie à l'E., de la Moldavie, de la Roumanie, de la Hongrie, de la Slovaquie et de la Pologne à l'O.; 603 700 km²; 51 704 000 hab. (74 % d'Ukrainiens, 22 % de Russes); cap. Kiev. Nature de l'état: république. Langue off.: ukrainien. Monnaie: hryvnia. Relig.: orthodoxes, uniates. Géogr. et écon. - C'est une plaine au sol de terre noire généralement fertile (tchernozem). Le climat, continental dans le N., s'adoucit dans le S. et devient aride dans le S.-E. Les princ. cours d'eau sont le Dniepr, le Dniestr et le Prout (hydroélectricité abondante). Grande productrice de blé, de maïs, de betteraves sucrières et de tournesol, ayant un import. cheptel bovin, porcin et ovin, la rép. a épuisé ses ressources en hydrocarbures et ses mines de charbon (Donbass) sont peu rentables. Les industries lourdes, anciennes et puissantes, sont groupées dans le Donbass et dans la vallée du Dniepr. Mais les équipements sont obsolètes. Il en va de même pour les centrales nucléaires (V. Tchernobyl) dont le maintien inquiète la communauté internationale. La réforme agraire piétine. Les côtes de Crimée attirent les touristes. L'Ukraine possède le principal port sur la mer Noire: Odessa. Hist. - Kiev fut le centre du premier état des Slaves orientaux (IXe-XIIe s.), puis se développa la principauté de Galicie-Volhynie (XIIe s.). Au début du XIIIe s., l'invasion mongole démembra l'état de Kiev. à partir du XIVe s., la Galicie-Volhynie tomba sous la domination de la Pologne qui voulut y faire triompher le catholicisme; la noblesse polonaise s'y tailla d'énormes domaines. Au XVIe s., des cosaques Zaporogues s'organisèrent sur les rives du Dniepr et du Don; au XVIIe s., ils défendirent les paysans ukrainiens contre les Polonais; orthodoxes, ils demandèrent la protection de la Russie. En 1667, celle-ci obtint la rive gauche du Dniepr et la région de Kiev et, après les partages de la Pologne à la fin du XVIIIe s., la plus grande partie de l'Ukraine occid.; la Galicie, la Bucovine et la Ruthénie passèrent à l'Autriche. à la suite de la révolution d'octobre 1917, deux républiques furent proclamées: l'une, nationaliste, se voulait indépendante; l'autre, bolchevique, voulait son rattachement à l'état soviétique. Troupes allemandes (1918), armées blanches de Denikine (1919-1920) et armées polonaises luttèrent contre les bolcheviks. En 1921, l'Ukraine fut amputée au bénéfice de la Slovaquie, de la Roumanie et surtout de la Pologne. La partie restante forma la rép. soc. sov. d'Ukraine, qui adhéra en 1922 à l'U.R.S.S. L'occupation allemande (1941-1944) fut très dure. En 1945, les territoires perdus en 1921 (Bucovine du Nord, Bessarabie) furent intégrés à l'Ukraine sov., à laquelle la Crimée fut rattachée en 1954. L'Ukraine est l'un des membres fondateurs de l'ONU. Le nationalisme est resté puissant, ainsi que les revendications des catholiques orientaux (uniates, dont le culte fut interdit par Staline en 1946). Ayant proclamé sa souveraineté en 1990 et son indép. en août 1991 (plébiscite en décembre, en même temps qu'elle élisait pour président L. Kravtchouk), l'Ukraine fait partie des rép. qui ont fondé la C.é.I.. En 1994, l'Ukraine a signé un accord sur la dénucléarisation du pays en échange d'une aide américaine (indispensable, vu la grave crise écon.) et Leonid Koutchma a été élu prés. de la République. En 1997, après cinq ans de tension avec la Russie (à propos de la Crimée et du partage de la flotte), les deux états ont signé un accord: la Russie payera un loyer à l'Ukraine pour l'utilisation de la partie des installations portuaires qu'elle conserve à Sébastopol; la Russie reconnaît ainsi l'appartenance de la Crimée à l'Ukraine. Cette m. année 1997, l'Ukraine a signé un accord avec l'OTAN.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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